La Suisse peine à se remettre du choc du franc fort

En 2016, la Suisse a encore su tirer son épingle du jeu malgré le contexte difficile des marchés européens et sa monnaie surévaluée. Selon toute vraisemblance, la croissance du PIB devrait atteindre 1,4%* sur l’ensemble de l’année écoulée.

Le chômage devrait augmenter en 2017

Malgré tout, le franc fort n'en a pas finir de faire suer l'économie nationale avec en ligne de mire, notamment, le commerce de détail, l'industrie des machines-outils et le tourisme. Interrogée par Swissinfo.ch, Veronica Weisser, responsable du marché suisse auprès d’UBS ajoute: "Il y a une reprise, mais elle reste incomplète. Le taux de chômage devrait encore progresser ces prochains mois et atteindre son niveau le plus élevé en 2017, avant de redescendre".

Il faut dire que des dizaines de milliers d’emplois ont été perdus, selon l'Union Syndicale Suisse, depuis 2008 et le début de l’appréciation du franc face à l’euro. Dans l'interview accordée à Swissinfo.ch, Patrick Linder, directeur de la chambre d'économie publique du Jura bernois, s'en inquiète: "La situation est devenue critique pour de nombreuses petites entreprises de la branche, tant leur capacité de résistance a été mise à rude épreuve. Certaines sociétés actives dans la sous-traitance sont aujourd’hui à deux doigts de mettre la clé sous la porte".

Reste qu'un secteur est totalement épargné, c'est celui de l'industrie pharmaceutique suisse qui livre des médicaments pour une énorme partie du monde, soit quelque 84,6 milliards de francs d'exportation en 2015.

Certes le PIB devrait rester stable mais la pression reste très forte sur des secteurs clés de l'économie (finances, tourisme, industrie) et la consommation des ménages suisses ne connaît guère d'embellie.

Pendant que l'Etat reste spectateur...

Professeur d'économie à l'Université de Fribourg, Sergio Rossi regrette le manque de vision et d’ambition des pouvoirs publics, qui disposeraient pourtant de toutes les cartes en mains pour relancer l’activité économique par les investissements: "Avec une charge de la dette quasiment nulle, ce serait le bon moment pour l’Etat d’investir dans les infrastructures, la formation ou encore le soin aux personnes âgées. Cela générerait de la croissance qui profiterait aux ménages, aux entreprises ainsi qu’aux générations futures. Malheureusement, le gouvernement et la majorité du parlement n’arrivent pas à se départir de leur approche budgétaire purement comptable".

* source: KOF Zurich

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